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Faszikel Ib-14-1781
 

Transkription und digitale Edition von Jean Pauls Exzerptheften

Vorgelegt von: Sabine Straub, Monika Vince und Michael Will, unter Mitarbeit von Christian Ammon, Kai Büch und Barbara Krieger. Universität Würzburg. Arbeitsstelle Jean-Paul-Edition (Leitung: Helmut Pfotenhauer)

Förderung: Fritz Thyssen Stiftung (11/1998-12/2000) und Deutsche Forschungsgemeinschaft (01/2001-12/2005)
Projektleitung: Michael Will
Gesamtleitung: Helmut Pfotenhauer

Transkriptionsgrundlage: Nachlass Jean Paul. Staatsbibliothek zu Berlin - Preußischer Kulturbesitz. Fasz. Ib, Band 14

Bearbeitungsschritte:
Herbst 2000 MIWI Transkription
Oktober 2000 MIWI Autopsie Berlin
11.03.2003 MIWI Konvertierung von WORD in XML/TEIXLITE
14.11.2005 MV Anpassung der kovertierten Datei an XML-Standards
20.11.2005 MV Erste Korrektur
13.09.2006 MIWI Zweite Autopsie Berlin
08.04.2010 CMC Zweites Online-Update

 

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Verschiedenes

aus den

neuesten Schriften.

Vierzehnter Band.

Leipzig. 1781.

 

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[Ib-14-1781-0001]
I. La nouvelle Héloise, ou lettres de deux amans, habitans d'une petite Ville au pied des Alpes; recueillies et publiées par I. I. Rousseau. Tome II. Geneve M. DCC. LXXX.

 

[Ib-14-1781-0002]
1) Die Liebenswürdigkeit der Iulie.

 

[Ib-14-1781-0003]
"Ce n'est ni ta beauté, ni ton esprit, ni ta grace, ni rien de tout ce qu'on entend par le don de plaire: mais c'est cette ame tendre et cette douceur d'attachement, qui n'a point d'égale; c'est le don d'aimer, qui te fait aimer. On peut résister à tout, hors à la bienveillance, et il n'y a point de moyen plus sûr d'acquérir l'affection des autres que de leur donner la sienne. Mille femmes sont plus belles que toi; plusieurs ont autant de graces; toi seule as avec les graces, je ne sais quoi de plus séduisant qui ne plait pas seulement, mais qui touche, et qui fait voler tous les coeurs au-devant du tien. On sent que ce tendre coeur ne demande qu'à se donner, et le doux sentiment qu'il cherche le va chercher à son tour. –" P. 32.

 

[Ib-14-1781-0004]
2) Die Macht der Beredsamkeit.

 

[Ib-14-1781-0005]
"Dans la force des passions affecter d'être insensible, en proie à mille peines parôitre joyeuse et contente, avoir l'air serein et l'ame agitée; dire toujours autrement qu'on ne pense; déguiser tout ce qu'on sent; être fausse par devoir, et mentir par modestie: voilà l'é

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l'état habituel de toute fille de mon âge. On passe ainsi ses beaux jours sous la tyrannie des bienséances qu'aggrave enfin celle de parens dans un lien mal assorti. Mais on gêne en vain nos inclinations; le coeur ne reçoit de loix que de lui-même; il échappe à l'esclavage; il se donne à son gré. Sous un joug de fer que le ciel n'impose pas on n'asservit qu'un corps sans ame: la personne et la foi restent séparément engagées, et l'on force au crime une malheureuse victime, en la forçant de manquer de part ou d'autre au devoir sacré de la fidélité. –" P. 50.

 

[Ib-14-1781-0006]
"C'est à moi, c'est à moi d'être foible et malheureuse. Laisse-moi pleurer et souffrir; mes pleurs ne peuvent non plus tarir que mes fautes se réparer, et le tems même qui guérit tout, ne m'offre que de nouveaux sujets de larmes: Mais toi qui n'as nulle violence à craindre, que la honte n'avilit point, que rien ne force à déguiser bassement tes sentimens, toi qui ne sens que l'atteinte du malheur et jouis au moins de tes premieres vertus, comment t'oses-tu dégrader au point de soupirer et gemir comme une femme, et de t'emporter comme un furieux? N'est-ce pas assés de mépris que j'ai mérité pour toi, sans l'augmenter en te rendant méprisable toi-même, et sans m'accabler à la fois de mon opprobre et du tien? Rapelle donc

 

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ta fermeté, sache supporter l' infortune et sois homme. Sois encore, si j'ose le dire, l'amant que Julie a choisi. Ah! si je ne suis plus digne d'animer ton courage, souviens-toi du moins, de ce que je fus un jour; mérite que pour toi j'aie cessé de l'être; ne me déshonore pas deux fois. –" S. 52-53.

 

[Ib-14-1781-0007]
3) Die grosse Welt, wie sie z. B. in Paris ist.

 

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"J' entre avec une secrete horreur dans ce vaste désert du monde. le canchos ne m'offre qu'une solitude affreuse, où règne un morne silence. Mon ame a la presse cherche à * s'y répandre, et se trouve par-tout reserrée. Je ne suis moins seul, que quand je suis seul, disoit un ancien; moi, je ne suis seul que dans la foule, où je ne puis être ni à toi ni aux autres. Mon cou coeur voudroit parler, il sent qu'il n'est point écouté: il voudroit répondre; on ne lui dit rien qui puisse aller jusqu'à lui. Je n'entends point la langue du pays, et personne ici n'entend la mienne.

 

[Ib-14-1781-0009]
Ce est n'est pas qu'on ne me fasse beaucoup d'accueil, d'amitiés, de prévenance, et que mille soins officieux n'y semblent voler au-devant de moi. Mais c'est précisément de quoi je me plains. Le moyen d'être aussitôt l'ami de quelqu'un qu'on n'a jamais vu? l'honnête intérêt de l'humanité, l'épanchement simple et touchant d'une ame franche, ont un langage bien différent des fausses démonstrations de la politesse, et des dehors trompeurs que l'usage du monde exige. J'ai grand peur que celui qui

 

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dès la premiere vue me traite comme un ami de vingt ans, ne me traitât au bout de vingt ans comme un inconu quelque si j'avois quelque important service à lui demander; et quand je vois des hommes si dissipés prendre un interêt à tant de gens, je présumerois volontiers qu'ils n'en prennent à personne.

 

[Ib-14-1781-0010]
Il y a pourtant de la réalité à tout cela; car le François est naturellement bon, ouvert, hospitalier, bienfaisant, mais il y a aussi mille manieres de parler qu'il ne faut pas prendre à la lettre, mille offres apparentes, qui ne sont faites que pour être refusées, mille especes de piéges que la politesse tend à la bonne foi rustique. Je n'entendis jamais tant dire: comptés sur moi dans l'occasion; disposés de mon crédit, de ma maison, de mon équipage. Si tout cela etoit sincere et pris au mot, il n'y auroit pas de peuple moins attaché à la propriété, la communauté des biens seroit ici presque établie, le plus riche offrant sans cesse, et le plus pauvre acceptant toujours, tout ce mettroit naturellement de niveau, et Sparte même eût eu des partages moins égaux qu'ils ne seroient à Paris. Au lieu de cela, c'est peut-être la ville du monde où les fortunes sont les plus inégales, et où regnent à la fois la plus somptueuse opulence et la plus déplorable misere. Il n'en faut pas davantage pour comprendre ce que signifient cette apparente commisération qui semble toujours al

 

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ler au-devant des besoins d'autrui, et cette facile tendresse de coeur qui contracte en un moment des amitiés éternelles.

 

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Au lieu de tous ces sentimens suspects et de cette confiance trompeuse, veux-je chercher des lumieres et de l'instruction? C'en est ici aimable source, et l'on est d'abort enchanté du savoir et de la raison qu'on trouve dans les entretiens, non-seulement des savans et des gens de Lettres, mais de hommes de tous les états et même des femmes: le ton de la conversation y est coulant et naturel; il n'est ni pesant ni frivole; il est savant dans pédanterie, gai sans tumulte, poli sans affectation, galant sans fadeur, badin sans équivoques. Ce ne sont ni des dissertations, ni des épigrammes; on y raisonne sans augmenter; on y plaisante sans jeu de mots, on y associe avec art l'esprit et la raison, les maximes et les faillies, la satyre aiguë, l'adroite flatterie et a morale austere. On y parle de tout pour que chacun ait quelque cose à dire; on n'approfondit point les questions de peur d'ennuyer, on les propose comme en passant, on les traite avec rapidité, la précision mene à l'élégance; chacun dit son avis et l'appuye en peu de mots; nul n'attaque avec chaleur celui d'autrui, nul ne défend opiniâtrement le sien; on discute pou s'éclairer, on s'arrête avant la dispute, chacun s'instruit, chacun s'amuse, tous s'en vont con

 

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tens, et le sâge même peut rapporter de ces entretiens des sujets dignes d'être médités en silence.

 

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Mais au fond que penses-tu qu'on apprenne dans ces conversations si charmantes. A juger sainement des choses du monde? à bien user de la société? à connôitre au moins les gens avec qui l'on vit? Rien de tout cela, ma Julie. On y apprend á plaider avec art la cause du mensonge, à ébranler à force de philosophie tous les principes de la vertu, à colorer de sophismes subtils d ses passions et ses préjugés, et à donner à l'erreur un certain tour à la mode selon les maximes du jour. Il n'est point nécessaire de connôitre le caractere des gens, mais seulement leurs interets, pour deviner à peu près ce qu'ils diront de chaque chose. Quand un homme parle, c'est pour ainsi dire, son habit et non pas lui qui a un sentiment, et il en changera sans façon tout aussi souvent que d'état. Donnes-lui tour-à-tour une longue perruque, un habit d'ordonnance et une croix pectorale, vous l'entendrés successivement prêcher avec le même * zele les loix, le despotisme, et l'inquisition. Il y a une raison commune pour la robe, une autre pour la finance, une autre pour l'épée. Chacun prouve très-bien que les deux autres sont mauvaises, consequence facile à tirer pour les trois. Ainsi nul ne dit jamais ce qu'il pense, mais ce

 

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qu'il lui convient de faire penser à autrui, et le zele apparent de la vérité n'est jamais en eux que le masque de l'intérêt.

 

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Vous croiries que le gens isolés qui vivent dans l'indépendance ont au moins un esprit à eux; point du tout; autres machines qui ne pensent point, et qu'on fait penser par ressorts. On n'a qu'à s'informer de leurs sociétés, de leurs coteries, de leurs amis, des femmes qu'ils voyent, des auteurs qu'ils connoissent; là-dessus on peut d'avance établir leur sentiment futur sur un livre prêt à paroître et qu'ils n'ont point lu, sur une piece prête à jouer et qu'ils n'ont point vue, sur tel ou tel auteur qu'ils ne connoissent point, sur tel ou tel systême dont ils n'ont aucune idée. Et comme la pendule ne se monte ordinairement que pour vingt-quatre heures, tous ces gens-là s'en vont chaque soir, apprendre dans leurs sociétés ce qu'ils penseront le lendemain.

 

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Il y a ainsi un petit nombre d'hommes et de femmes qui pensent pour tous les autres, et pour lesquels tous les autres parlent et agissent, et comme chacun songe à son intérêt, personne au bien commun et que les intérêts particuliers sont toujours opposés entre eux, c'est un choc perpétuel de brigues et de cabales, un flux et reflux de préjugés, d'opinions contraires, où les plus échauffés, animés par les autres, ne savent presque jamais de

 

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quoi il est question. Chaque coterie a ses regles, ses jugemens, ses principes, qui ne sont point admis ailleurs. L'honnête homme d'une maison est un fripon dans la maison voisine: le bon, le mauvais, le beau, le laid, la vérité, la vertu, n'ont qu'une existence locale et circonscrite. Quiconque aime à se répandre et fréquente plusieurs sociétés doit être plus flexible qu'Alcibiade, changer de principes comme d'assemblées, modifier son esprit, pour ainsi dire à chaque pas, et mesurer ses maximes à la toise: il faut qu'à chaque visite il qu* quitte en entrant son ame, s'il en a une; qu'il en prenne une autre aux couleurs de la maison, comme un laquais prend un habit de livrée; qu'il la pose de même en sortant et reprenne s'il veut la sienne jusqu'à nouvel échange. Il y a plus; c'est que chacun se met sans cesse en contradiction avec lui-même, sans qu'on s'avise de le trouver mauvais. On a des principes pour la conversation, et d'autres pour la pratique; leur opposition ne scandalise personne, et l'on est convenu qu'ils ne se ressembleroient point entre eux. On n'exige pas même d'un auteur, sur-tout d'un moraliste, qu'il parle comme ses livres, ni qu'il agisse comme il parle. Ses écrits, ses discours, sa conduite sont trois choses toutes différentes, qu'il n'est point obligé de concilier. En un mot, tout est absurde, et rien ne choque, parce qu'on y est accoutumé; et

 

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il y a même à cette inconséquence une sorte de bon air dont bien des gens se font honneur. En effet, quoique tous prêchent avec zele les maximes de leur profession, tous se piquent d'avoir le ton d'une autre. Le Robin prend l'air cavalier; le Financier fait le seigneur; l'Evêque a le propos galant; l'homme de Cour parle de philosophie; l'homme d'Etat de bel-esprit; il n'y a pas jusqu'au simple artisan qui ne pouvant prendre un autre ton que le sien, se met en noir les dimanches, pour avoir l'air d'un homme de Palais. Les militaires seuls; dédaignant tous les autres états, gardent sans façon le ton du leur et sont insupportables de bonne foi. –

 

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Ainsi les hommes à qui l'on parle ne sont point ceux avec qui l'on converse; leurs sentimens ne partent point de leur coeur, leurs lumieres ne sont point dans leur esprit, leurs discours ne représentent point leurs pensées, on n'aperçoit d'eux que leur figure, et l'on est dans une assemblée à peu près comme devant un tableau mouvant, où le spectateur paisible est le seul être mû par lui-même. –" P. 90-100.

 

[Ib-14-1781-0016]
"Quand Si j'ai remarqué du contraste entre les discours, les sentimens et les actions des honnêtes gens, c'est que ce contraste saute aux yeux au premier instant. Quand je vois les mêmes hommes changer de maximes selon les coteries, molinistes dans l'une,

 

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jansénistes dans l'autre, vils courtisans chés un Ministre, frondeurs mutins ches un mécontent; quand je vois un homme doré décrier le luxe, un Financier les impôts, un prélat le deréglement; quand j'entends une femme de la Cour parler de modestie, un grand Seigneur de vertu, un auteur de simplicité, un abbé de religion, et que d ces absurdités ne choquent personne, ne dois-je pas conclure à l'instant qu'on ne se soucie pas plus ici d'entendre la vérité que de la dire, et que loin de vouloir persuader les autres quand on leur parle, on ne cherche pas même à leur faire penser qu'on croit que l' on leur dit? –" P. 112-113.

 

[Ib-14-1781-0017]
4) Es ist schwer die grosse Welt recht kennen zu lernen.

 

[Ib-14-1781-0018]
"Je ne sais pas même quelle place il faut occuper pour bien connoître le monde. Le philosophe en est trop loin, l'homme du monde en est trop près. L'un voit trop pour pouvoir refléchir, l'autre trop peu pour juger du tableau total. Chaque objet qui frappe le philosophe, il le considere à part; et, n'en pouvant discerner ni les liaisons ni les rapports avec d'autres objets qui sont hors de sa portée, il ne le voit jamais à sa place, et n'en sent ni la raison ni les vrais effets. L'homme du monde voit tout et n'a le tems de penser à rien. La mobilité des objets ne lui permet que de les appercevoir et

 

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non de les observer; ils s'effacent mutuellement avec rapidité, et il ne lui reste du tout que des impressions confuses qui rassemblent au cahos.

 

[Ib-14-1781-0019]
On ne peut pas, non plus voir et méditer alternativement, parce que le spectacle exige une continuité d'attention qui interrompt la réflexion. Un homme qui voudroit diviser son tems par intervalles entre le monde et la solitude, toujours agité dans sa retraite et toujours étranger dans le monde ne seroit bien nulle part. Il n'y auroit d'autre moyen que de partager sa vie entière en deux grands espaces; l'un pour voir, l'autre pour réflechir: mais cela même est presque impossible; car la raison n'est pas un meuble qu'on use pose et qu'on reprenne à son gré, et quiconque a pu vivre dix ans sans penser, ne pensera de sa vie.

 

[Ib-14-1781-0020]
Je trouve aussi que c'est une folie de vouloir étudier le monde en simple spectateur. Celui qui ne prétend qu'observer n'observe rien, parce qu'étant inutile dans les affaires et importun dans les plaisirs, il n'est admis nulle part. On ne voit agir les autres qu'autant qu'on agit soi-même; dans l'école du monde comme dans celle de l'amour, il faut commencer par pratiquer ce qu'on veut apprendre." – P. 122-129.

 

[Ib-14-1781-0021]
5) Beschaffenheit der feinern Geselschaften in Paris.

 

[Ib-14-1781-0022]
"C'est-là que les femmes s'observent moins, et

 

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qu'on peut commencer à les étudier; c'est-là que regnent plus paisiblement des propos plus fins et plus satyriques; c'est-là qu'au lieu des nouvelles publiques, des spectacles, des promotions, des morts, des mariages, dont on a parlé le matin, on passe discretement en revue les anecdotes de Paris, qu'on dévoile tous les événements secrets de la chronique scandaleuse, qu'on rend le bien et le mal également plaisans et ridicules, et que peignant avec art et selon l'intérêt particulier les caracteres des personnages, chaque interlocuteur sans y penser peint encore beaucoup mieux le sien; c'est-là qu'un reste de circonspection fait inventer devant les laquais un certain langage entortillé, sous lequel feignant de rendre la Satyre plus obscure on la rend seulement plus amere, c'est-là, en un mot, qu'on affile avec soin le poignard, sous prétexte de faire moins de mal, mais en effet pour l'enfoncer plus avant.

 

[Ib-14-1781-0023]
Cependant à considérer ces propos selon nos idées, on auroit tort de les appeler satyriques; car ils sont bien plus railleurs que mordants et tombent moins sur le vice que sur le ridicule. En général la satyre a peu de cours dans les grandes villes, où ce qui n'est que mal est si simple que ce n'est pas la peine d'en parler. Que reste-t-il à blâmer où la vertu n'est plus estimée et de quoi médiroit-on

 

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quand on ne trouve plus de mal à rien? A Paris sur-tout où l'on ne saisit les choses que par le côté plaisant, tout ce qui doit allumer la colere et l'indignation est toujours mal reçu s'il n'est mis en chanson ou en épigramme. Les jolies femmes n'aiment point à se facher; aussi ne se fâchent-elles de rien, elles aiment à rire; et comme il il n'y a pas le mot pour rire au crime, les fripons sont d'honnêtes gens comme tout le monde; mais malheur à qui prête le flanc au ridicule, sa caustique empreinte est ineffacable; il ne déchire pas seulement les moeurs, la vertu, il marque jusqu'au vice même; il fait calomnier les méchans. –

 

[Ib-14-1781-0024]
Un point de morale ne seroit pas mieux discuté dans une société de philosophes que dans celle d'une jolie femme de Paris; les conclusions y seroient même souvent moins séveres: car le philosophe qui veut agir comme il parle, y regarde à deux fois; mais ici où toute la morale est un pur verbiage, on peut être austere sans conséquence, et l'on ne seroit pas faché, pour rabattre un peu l'orgueil philosophique, de mettre la vertu si haut que le sage même n'y pût atteindre. Au reste, hommes et femmes, tous, instruits par l'experience du monde et sur-tout par leur conscience, se réunissent pour penser de leur espece aussi mal qu'il est possible, toujours philosophant tristement, toujours dégradant par vanité la nature humaine, toujours cherchant dans quelque vice la cause de tout ce qui se fait de bien, toujours d'après leur propre coeur médisant du coeur de l'homme.

 

[Ib-14-1781-0025]
Malgré cette avilissante doctrine, un des sujets favoris de ces paisibles paisibles entre

 

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tiens, c'est le sentiment; mot par lequel il ne faut pas entendre un épanchement affectueux dans le sein de l'amour ou de l'amitié, cela seroit d'une fadeur à mourir; c'est le sentiment mis en grandes maximes generales et quintessencié par tout ce que la métaphysique a de plus subtil. Je puis dire n'avoir de ma m vie ouï tant parler du sentiment, ni si peu compris ce qu'on en disoit. – Ils dépensent ainsi tout leur sentiment en esprit, et il s'en exhale tant dans le discours, qu'il n'en reste plus pour la pratique. Heureusement la bienséance y supplée, et l'on fait par usage à peu près les mêmes choses qu'on feroit par sensibilité; du moins tant qu'il n'en coûte que des formules et quelques gênes passageres qu'on s'impose pour faire bien parler de soi; car quand quand les sacrifices vont jusqu'à gêner trop long-tems ou à coûter trop cher, adieu le sentiment; la bienséance n'en exige pas jusques-là. A cela près, on ne sauroit croire à quel point tout est compassé, mesuré, pesé, dans ce qu'ils appellent des procédés; tout ce qui n'est plus dans les sentimens, ils l'ont mis en regle, et tout est regle parmi eux. Ce peuple imitateur seroit plein d'originaux qu'il seroit impossible d'en rien savoir; car nul homme n' ose etre lui-même. Il faut faire comme les autres, c'est la premiere maxime de la sagesse du pays. Cela se fait, cela ne se fait pas. Voilà la décision suprême.

 

[Ib-14-1781-0026]
Cette apparente régularité donne aux usages communs l'air du monde le plus comique, même dans

 

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les choses les plus sérieuses. on sait à point nommé quand il faut envoyer chercher des nouvelles; quand il faut se faire écrire, c'est-à-dire, faire une visite qu'on ne fait pas; quand il faut la faire soi-même; quand il est permis d'être chès soi; quand on doit n'y pas être, quoiqu'on y soit; quelles offres l'un doit prendre rejetter; quel degré de tristesse on doit prendre à telle ou telle mort; combien de tems on doit prendre pleurer à la campagne; le jour où l'on peut revenir a se consoler à la ville; l'heure et la minute où l'affliction permet de donner le bal ou d'aller au spectacle. Tout le monde y fait à la fois la même chose dans la même circonstance; tout va par tems comme les mouvemens d'un régiment en bataille: vous diries que ce sont autant de marionnettes clouées sur la même planche, ou tirées par le même fil. –" Pag. 125-132.

 

[Ib-14-1781-0027]
"Quant à la comédie, il est certain qu'elle doit representer au naturel les moeurs du peuple pour lequel elle est faite, afin qu'il s'y corrige de ses vices et de ses défauts, comme on ôte devant un miroir les taches de son visage. Térence et Plaute se tromperent dans leur objet; mais avant eux Aristophane et Ménandre avoient exposé aux Athéniens les moeurs Athéniennes, et depuis, le seul Moliere peignit plus naïvement encore celles des François du siecle dernier à leurs propres yeux. Le tableau a changé; mais il n'est plus revenu de peintre. Maintenant on copie au théâtre les conversations

 

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d'une centaine de maisons de Paris. Hors de cela, on n'y apprend rien des moeurs des François. Il y a dans cette grande ville cinq ou six cent mille ames dont il n'est jamais question sur la scene. Moliere osa peindre des bourgeois et des artisans aussi bien que des marquis; Socrate faisoit parler des rochers, menuisiers, cordonniers, maçons. Mais les auteurs d'aujourd'hui qui sont des gens d'un autre air, se croiroient déshonorés s'ils savoient ce qui se passe au comptoir d'un marchand ou dans la boutique d'un ouvrier; il ne leur faut que des interlocuteurs illustres, et ils cherchent dans le rang de leurs personnages l'élevation qu'ils ne peuvent tirer de leur génie. Les spectateurs eux-mêmes sont devenus si délicats, qu'ils craindroient de se compromettre à la comédie comme en visite et ne daigneroient pas aller voir en représentation des gens de moindre condition qu'eux. Ils sont comme les seuls habitans de la terre; tout le reste n'est rien à leurs yeux. Avoir un carrosse, un suisse, un maître-d'hôtel, c'est être comme tout le monde. Pour être comme tout le monde il faut etre comme très-peu de gens. Ceux qui vont à pied ne sont pas du monde; ce sont des bourgeois, des hommes du peuple, des gens de l'autre monde; et l'on diroit qu'un carrosse n* n'est pas tant nécessaire pour se conduire que pour exister. Il y a comme cela une poignée d'impertinens qui ne comptent qu'eux dans

 

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tout l'univers, et ne valent gueres la peine qu'on les compte, si ce n'est pour le mal qu'ils font. C'est pour eux uniquement que sont faits les spectacles. Ils s'y montrent à la fois comme représentés au milieu du théâtre, et comme représentans aux deux côtés; ils sont personnages sur la scene, et comédiens sur les blancs. C'est ainsi que la sphere du monde et des auteurs se rétrécit; c'est ainsi que la scène moderne ne quitte plus n son ennuyeuse dignite. On n'y sait plus montrer les hommes qu'en habit doré. Vous diriés que la France n'est peuplée que de Comtes et de Chevaliers; et plus le peuple y est miserable et gueux, plus le tableau du peuple y est brillant et magnifique. Cela fait qu'en peignant le ridicule des états qui servent d'exemple aux autres, on le répand plutôt que de l'éteindre, et que le peuple, toujours singe et imitateur des riches, va moins au théâtre pour rire de leurs folies que pour les etudier, et devenir encore plus fous qu'eux en les imitant. Voilà de quoi fut cause Moliere lui-même; il corrigea la cour en infectant la ville: et ses ridicules marquis furent le premier modele des petits-maîtres bourgeois qui leur succéderent.

 

[Ib-14-1781-0028]
Le François ne cherche point sur la scene le naturel et l'illusion, il n'y veut que de l'esprit et des pensées; il fait cas de l'agrément et non de l'imitation, et ne se soucie pas d'être séduit pourvu qu'on l'amuse.

 

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Personne ne va au spectacle pour le plaisir du spectacle, mais pour voir l'assemblée, pour en etre vu, pour ramasser de quoi fournir au caquet après la piece; et l'on ne songe à ce qu'on voit que pour servir ce qu'on en dira. L'acteur pour eux est toujours l'acteur, jamais le personnage qu'il représente. Cet homme qui parle en maitre du monde n'est point Auguste, c'est Baron; la veuve de Pompée est Adrienne, Alzire est Mlle. Gaussin, et ce fier sauvage est Grandval. Les comédiens, de leur côté, négligent entièrement l'illusion dont ils voient que personne ne se soucie. Ils placent les Héros de l'antiquité entre six ra rangs de jeunes Parisiens; ils calquent les modes françoises sur l'habit romain; on voit Cornélie en pleurs avec deux doigts de rouge, Caton poudré au blanc, et Brutus en panier. Tout cela ne choque personne et ne fait rien au succès des pieces: comme on voit que l'acteur dans le personnage, on ne voit non plus que l'Auteur dans le drame; et si le drame costume est négligé, cela se pardonne aisément; car on sait bien que Corneille n'étoit pas tailleur, ni Crébillon perruquier. –" P. 134-140.

 

[Ib-14-1781-0029]
6) Von Lob und Tadel

 

[Ib-14-1781-0030]
"La vérité qui blâme est plus honorable que la vérité qui loue; car la louange ne sert qu'à corrompre ceux qui la goûtent, et les plus indignes en sont toujours les plus affamés; mais la censure est utile, et le mérite seul sait la supporter. – Si les

 

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François n'avoient point de vertus, je n'en dirois rien; s'ils n'avoient point de vices, ils ne seroient pas hommes; ils ont trop de côtés louables pour être toujours loués." P. 158-159.

 

[Ib-14-1781-0031]
7) Kleine Bemerkungen.

 

[Ib-14-1781-0032]
"Il est vrai que ton portrait ne peut passer du sérieux au sourire. Ah! c'est précisément de quoi je me plains: pour pouvoir exprimer tous tes charmes, il faudrait te peindre dans tous les instans de ta vie." P. 219.

 

[Ib-14-1781-0033]
"Si vous voulés être méprisable, soyés-le au moins sans prétexte, et n'ajoutés point le mensonge à la crapule. – Les illusions même de l'amour se purifient dans un coeur chaste, et ne corrompent qu'un coeur déjà corrompu: Au contraire, la pureté se soutient par elle-même; les desirs toujours reprimés s'accoutument à ne plus renaître, et les tentations ne se multiplient que par l'habitude d'y succomber." P. 241.

 

[Ib-14-1781-0034]
"Si vous voulés donc être homme en effet, apprenés à redescendre. L'humanité coule comme une eau pure et salutaire, et va fertiliser les lieux bas; elle cherche toujours le niveau, elle laisse à sec ro ces roches avides qui menacent la campagne, et ne donnent qu'une ombre nuisible ou des éclats pour écraser leurs voisins. –" P. 246.

 

[Ib-14-1781-0035]
"N'est-il pas bien indigne d'un homme de ne pouvoir jamais s'accorder avec lui-même, d'avoir une régie pour ses actions, une autre pour ses sentimens, de penser comme s'il étoit sans corps, d'agir comme s'il étoit sans ame, et de ne jamais approprier à soi tout entier rien de ce qu'il fait en toute sa vie? –" P. 370.

 

[Ib-14-1781-0036]
"Son ame forte semble lui donner un nouveau corps." P. 285.

 

[Manuskriptseite 20]

[Ib-14-1781-0037]
8) Klagen von einem unglücklich Liebenden.

 

[Ib-14-1781-0038]
"Enfin le voile est dechiré; cette longue illusion s'est évanouie; cet espoir si doux s'est éteint; il ne me reste pour aliment d'une flamme éternelle qu'un souvenir amer et délicieux qui soutient ma vie et nourrit mes tourmens du vain sentiment d'un bonheur qui n'est plus. Est–il donc vrai que j'ai goûté la félicité suprême? Suis-je bien le même être qui fut heureux un jour? Qui peut sentir ce que je souffre n'est-il pas né pour toujours souffrir? Qui put jouir des biens que j'ai perdus, peut–il les perdre et vivre encore, et des sentimens si contraires peuvent-ils germer dans un même coeur? Jours de plaisir et de gloire, non, vous n'étiés pas d'un mortel! vous étiés trop beaux pour devoir être périssables. Une douce extase absorboit toute votre durée, et la rassembloit en un point comme celle de l'éternité. Il n'y avoit pour moi ni passé ni avenir, et je goûtois à la fois les délices de mille siecles. Hélas! vous avés disparu comme un éclair! Cette éternité de bonheur ne fut qu'un instant de ma vie. Le tems a repris sa lenteur dans les momens de mon désespoir, et l'ennui mesure par longues années le reste infortuné de mes jours." P. 273-274.

 

[Ib-14-1781-0039]
9) Hochmut und Geiz sind oft miteinander vereint.

 

[Ib-14-1781-0040]
"Il n'y a pas d'association plus commune que celle du faste et de la lézine. On prend sur la nature, sur les vrais plaisirs, sur le besoin même, tout ce qu'on donne à l'opinion. Tel homme orne son palais aux dépens de sa cuisine; tel autre aime mieux une belle vaisselle qu'un bon

 

[Manuskriptseite 21]

diné; tel autre fait un repas d'appareil, et meurt de faim tout le reste de l'année. Quand je vois un buffet de vermeil, je m'attends à du vin qui m'empoisonne. Combien de fois dans des maisons de campagne en respirant le frais au matin l'aspect d'un beau jardin vous tente? On se leve de bonne heure, on se promene, on gagne de l'appétit, on veut déjeûner. L'Officier est sorti, ou les provisions manquent, ou Madame n'a pas donné des ordres, ou l'on vous fait ennuyer d'attendre. Quelquefois on vous prévient, on vient magnifiquement vous offrir de tout, à condition que vous accepterés rien. Il faut rester à jeun jusqu'à trois heures, ou déjeûner avec les tulipes. Je me souviens de m'être promené dans un très-beau parc donc on disoit que la Maîtresse aimoit beaucoup le café, et n'en prenoit jamais, attendu qu'il coûtoit quatre sols la tasse; mais elle donnoit de grand coeur mille écus à son jardinier. Je crois que j'aimerois mieux avoir des charmilles moins bien taillées, et prendre du café plus souvent." P. 389.

 

[Ib-14-1781-0041]
10) Eine angeneme Ordnung.

 

[Ib-14-1781-0042]
"On ne voit dans sa maison ni cette inflexible régularité qui donne plus de gêne que d'avantage et n'est supportable qu'à celui qui l'impose, ni cette confusion mal entendue qui pour trop avoir ôte l'usage de tout. On y reconnoît toujours la main du maître et l'on ne la sent jamais; il a si bien ordonné le premier arrangement qu'à présent tout va tout seul, et qu'on jouit à la fois de la regle et de la liberté." P. 390.

 

[Manuskriptseite 22]

[Ib-14-1781-0043]
11) Von der Liebe – und eine Bemerkung vom langen Leben.

 

[Ib-14-1781-0044]
"Il n'y a point de passion qui nous fasse une si forte illusion que l'amour: on prend sa violence pour un signe de sa durée; le coeur surchargé d'un sentiment si doux l'étend pour ainsi dire sur l'avenir, et tant que cet amour dure on croit qu'il ne finera point. Mais, au contraire, c'est son ardeur même qui le consume; il s'use avec la jeunesse, il s'efface avec la beauté, il s'éteint sous les glaces de l'âge, et depuis que le monde existe on n'a jamais vu deux amans en cheveux blancs soupirer l'un pour l'autre. On doit donc compter qu'on cessera de s'adorer tôt ou tard; alors l'idole qu'on servoit, détruite, on se voit réciproquement tels qu'on est. On cherche avec étonnement l'objet qu'on aima; ne le trouvant plus on se dépite contre celui qui reste, et souvent l'imagination le défigure autant qu'elle l'avoit paré. Il y a peu de gens, dit La Rochefoucault, qui ne soient honteux de s'être aimés, quand ils ne s'aiment plus. Combien alors il est à craindre que l'ennui ne succede à des sentimens trop vifs, que leur declin, sans s'arrêter à l'indifférence, ne passe jusqu'au dégoût, qu'on ne se trouve enfin tout à fait rassasiés l'un de l'autre, et que pour s'être trop aimés amans, on n'en vienne à se haïr époux! – –" P. 391-393.

 

[Ib-14-1781-0045]
"Je ne doute pas qu'une qu'une plus longue vie ne pût suffire pour corriger les hommes, et que plusieurs siecles de jeunesse ne nous apprissent qu'il n'y a rien de meilleur que la vertu." P. 428.

 

[Manuskriptseite 23]

[Ib-14-1781-0046]
II.

 

[Ib-14-1781-0047]
Iohan Georg Zimmerman königlich Grosbritannischer Leibmedikus in Hannover von der Einsamkeit. Leipzig, bei Weidman's Erben und Reich. 1773.

 

[Ib-14-1781-0048]
1) Von der Einsamkeit.

 

[Ib-14-1781-0049]
"Durch Einsamkeit versteh' ich hier iede Entfernung von der Geselschaft der Menschen. Aber ich weis auch, daß man ausser den heiligen Mauren eines Klosters, oder dem Bezirk' einer stilen ländlichen Gegend, einsam sein kan. Der Umgang mit sich selbst ist in ieder grossen Geselschaft, und in der V volkreichsten Stad eben so möglich als in den Wüsten von Lybien, in den holen Bäumen von Iapan, und in dem Kloster der Trappe. Montagne fand sich nur in grossen Geselschaften einsam.

 

[Ib-14-1781-0050]
Die gröste aller Künste, die Kunst zu leben, glauben merenteils nur dieienigen allein zu besizzen, die am wenigsten davon verstehen. Menschen von diesem Schlage scheint überhaupt die Abneigung gegen die Geselschaft der Menschen eine Torheit zu sein; sie können's nicht leiden, daß man ausser ihrer vornemen Ban vernünftig sein wil. Vollends gemeine Köpfe verstehen diese Abneigung noch weniger; denn sie sie sind die beste Geselschaft für schlechte Köpfe, und darum bilden sie sich ein, sie sein für alle Menschen die beste Geselschaft. Darum halten sie denienigen für krank, der sich ihrem Umgang' auch nur auf einen Tag entzieht; darum geht's ihm, wenn er länger demselben entfliehen kan, bei ihnen, wie dem Demokrit bei den Abderiten. Der hochweise Senat von Abderus schikte eiligst zu dem Hippokrat, mit der Nachricht, ihr Mitbürger Demokrit sei wanwizzig; er habe

 

[Manuskriptseite 24]

den Wert der Welt vergessen; er sei bei Tag und bei Nacht in sich selbst verschlossen, er verirre sich in waldichten Schatten, und an den kleinen Ufern der Bäche, er verlache die Menschen, ihre Geschäfte, Sitten und Gedanken, er verlache alle Dinge dieser Erde, und klebe nur an dem was über der Erde, und unter der Erde sei. Hippokrat kam nach Abderus, und fand den Demokrit unter einem tief an die Erde hängenden Ahorn mit der Zergliederung verschiedner Tier' und mit der Abhandlung vom Wanwizze beschäftigt. O Demokrit, rief der Vater der Arzneikunst mit Entzükken aus, du schreibst gegen deine Mitbürger zu rechten Zeit!

 

[Ib-14-1781-0051]
Ser gute Köpfe sind zwar oft für die Vorteile der Einsamkeit gar nicht gefüllos, aber sie opfern doch lieber die Vergnügungen des Verstandes, den Vergnügungen der Sinlichkeit auf; ihr Will' ist zur Benuzzung der Einsamkeit nicht stark genug. Schlechte Köpf' hassen oft die Einsamkeit, weil sie da am deutlichsten fülen, wie schlecht ihre Geselschaft ist. Die Freunde der Einsamkeit sind zuweilen so ser betrogen als ihre Feinde. Ein Mönch liebt sein Kloster, weil er dem obersten Wesen zu gefallen glaubt, wenn er seine Horas singet, sein Breviarium liest und sein Kruzifix küst. Ein Einsiedler verwünscht die Welt und die Menschen, weil er sich beredet, das wichtigste Geschäft des Menschen sei getan, sobald man unter dem Gebrülle der wilden Tiere lebt. Heilig ist die Einsamkeit für den Mystiker, der sich in gedankenlosen Entzükkungen mit der Gotheit auf das genaueste verbunden glaubt. Heilig ist sie dem Narren, der in

 

[Manuskriptseite 25]

Indostan nakkend auf einem Haufen Asche sizt, Händ' und Füss' über einander krümmet, und unter den senkelrechten Stralen der Sonne mit erstarten Augen auf die inwendige Erleuchtung lauert. Dreimal heilig ist die Einsamkeit dem schwärmerischen Vererer der zallosen Einsiedler von Ägypten, der in der tebaischen Wüste das neue Ierusalem sieht, und in allen ihren hypochondrischen Bewonern vollendete Bürger des Himmels.

 

[Ib-14-1781-0052]
Selbstbetrug und Torheit sind der Menschen Los. Wir irren im Dunkeln, bis uns das sanfte Licht der Vernunft nach unendlichen Feltritten, nach tausend fruchtlos durchwanderten Labyrinten, vom ungewissen Pfad auf die schmale Strasse der Warheit leitet.

 

[Ib-14-1781-0053]
Ich wil die Ursachen so wol der Neigung zum geselschaftlichen Leben, als der Liebe zur Einsamkeit untersuchen. Die Untersuchung des Triebs zum geselschaftlichen Leben ist leicht; ieder Menschenkenner kan sie in dem täglichen Umgange machen. Die Untersuchung des Triebes zur Einsamkeit ist schwer, weil sich bei derselben der Gesichtskreis notwendig auf entfernte Zeiten und Völker ausbreiten mus, auf Denkungsart und Sitten ausserhalb den Gränzen unsrer Altagsgesichter. – Der Mensch scheint für den Menschen geschaffen. Nicht nur unsre Bedürfnisse, sondern der natürliche und angeborne Trieb der Kreatur mit änlichen Kreaturen zu leben, haben die Bande der Geselschaft geknüpft. Die Welt solte nicht eine Einsamkeit sein.

 

[Ib-14-1781-0054]
Ein reizendes Vergnügen quilt aus dem Umgang' unsrer Mitgeschöpfe. In dem Ausdrukk' unsrer Empfindungen,

 

[Manuskriptseite 26]

in der Mitteilung unsrer Begriffe, in der beständigen Abwechslung derselben mit den Begriffen und Empfindungen unsrer Freunde liegt eine Seligkeit, die auch der hartnäkkigste Einsame fült. Ich kan dem Felsen meine Klagen nicht bringen, und dem Abendwind meine Freuden nicht erzälen; meine Sele senet sich nach einer verschwisterten Sele, mein Herz schlägt für ein änlich denkendes und änlich fülendes Herz, Himmel und Erde verschwinden bei der, die wir lieben. Fern von der Welt und one Rüksicht auf die Menschen wären alle unsre Kentnisse, unsere Einfäll' und Gedanken uns geschmaklos; unsre Feler blieben unentdekt, unsre Laster ungeandet. Wir müsten wild sein, um gänzlich menschenscheu zu sein.

 

[Ib-14-1781-0055]
Die * angeborne Neigung für den geselschaftlichen Umgang wird durch verschiedne Ursachen verstärkt. Die Begierde mit seines gleichen zu leben treibt den Menschen oft so ser von sich selbst weg, daß er dabei den Umgang mit sich selbst ganz verlernt. Die Entfernung von der Welt scheint ihm eine Entfernung von allen Vergnügungen, so bald er diese ganz ausser sich zu finden hoft. Durch den Wunsch, der Welt zu gefallen, wird in einem Kreise von Belustigungen der Gedank' in sich selbst zu sehen erstikt zerstört. Unsre eigne Geselschaft wird uns ekelhaft, weil wir in dem Umganeg mit andern und in der Zerstreuung die Hülfe zu finden glaubt, die unser eigner Umgang uns versagt. Wir hängen in der Einsamkeit von uns ab, in der Welt von der

 

[Manuskriptseite 27]

Welt. Wer mit sich selbst nicht zu leben weis, hat in der Einsamkeit Langeweile.

 

[Ib-14-1781-0056]
Die Langeweile, diese schrekliche Krankheit der Sele, ist die Abwesenheit angenemer Ideen. Sie stürzt uns in eine gedankenlose Untätigkeit, sie erregt die Empfindung einer unüberwindlichen Lerheit in der Sele, sie erstikt all' ihre Kräfte. Ein Man von Verstand sieht ganz genau aus wie der gröste Dumkopf, wenn man ihm Langeweile macht.

 

[Ib-14-1781-0057]
Es giebt zwei Arten von Langerweile. Die eine ist der Ekel vor sich selbst, die andre ist der Ekel vor andern. Iene ist eine Quelle des Triebes zum geselschaftlichen Leben, diese ist eine Quelle der Neigung zur Eisamkeit. Alle Menschen sind der Langweil' unterworfen; ein gemeiner Kopf fült dieselbe am meisten im Umgange mit sich selbst; ein aufgeklärter am meisten im Umgange mit andern. Ein gemeiner Kopf weis mit sich selbst nicht zu leben, darum sucht er sein Vergnügen ausser sich, und darum ist sein Visittenzettel das wichtigste Geschäft seines Lebens. Dem aufgeklärten Kopf ekelt oft vor der besten Geselschaft, wenn er in derselben nicht findet was er zu finden gehoft; darum sucht er sein Vergnügen in sich selbst. Der kleine Geist ist also mit der Langweil' am meisten geplagt, wenn er allein ist; ein aufgeklärter Kopf am meisten in Geselschaft.

 

[Ib-14-1781-0058]
Kleine Geister rümen sich zwar, sie haben niemals Langeweile. Dieses hat seine völlige Richtigkeit, wenn ihnen nur die Anlässe nicht mangeln oft in Geselschaft mit kleinen Geistern zu sein; denn nichts ist für sie zu schlecht.

 

[Manuskriptseite 28]

Der elendeste, auf doe kleinsten und erbärmlichsten Gegenstände, auf eine fast unbegreifliche Wenigkeit von Ideen eingeschränkte Umgang gefält ihnen, weil ihre Sele bei diesen Gegenständen allein auffärt; und weil sie ihr ganzes Leben hindurch gewont waren, sich mit dieser elenden Wenigkeit von Ideen zu behelfen. Ein kleiner Geist hat in dem geselschaftlichen Leben nur alsdan Langeweile, wenn er unglüklicher Weise mitten in eine Geselschaft aufgeklärter Köpfe fält.

 

[Ib-14-1781-0059]
Mit der Langeweile gedrükt wünscht der Mensch natürlicher Weise seinen Geist diesem Stande der Unwirksamkeit zu entreissen. Entweder müssen die Sinne bewegt sein, oder der Verstand. Die Sinne sind viel beweglicher als der Verstand, fülen ist viel leichter als denken; wir sind viel lieber durch andre bewegt als durch uns selbst. Darum suchen beide Geschlechter die Örter, wo die meiste Bewegung ist, oder doch sein sol; wo unzälige Lichter und Diamanten, wollustatmende Busen und Ambradüfte, melodische Tön' und die geheimsten Tiefen der Empfindung erschütternde Tänze, der Sele neues Leben versprechen. Zum Denken zu träge gehen wir auf Assembleen und Bälle, weil wir von denselben ein Vergnügen hoffen, das unsrer Trägheit nichts kostet. Die Vergnügungen des Verstandes bieten sich so reizvol nicht an; man mus sie mühsam suchen, und darum sucht man sie lieber nicht. Die Neigung für die Einsamkeit kan also so algemein nicht sein als die Neigung für das geselschaftliche Leben, weil's unendlich schwe

 

[Manuskriptseite 29]

rer ist, den Verstand zu unterhalten als die Sinne. – Ein Mensch, der Langeweile hat, sucht also die Vergnügungen für die er das meiste Gefül hat, die seine Sel' am geschwindesten mit angenemen Ideen erfüllen. Ein guter und vorzüglich ein aufgewekter Kopf weis sich allenthalben zu behelfen, denn allenthalben findet er Stof zum Denken und zum Lachen; ein guter aber hypochondrischer Kopf ist schon ekel und darum schwer zu befriedigen. Äusserst anpassend, laut, und grob müssen die Eindrükke der äusserlichen Dinge sein, wenn der Dumkopf Vergnügen fülen sol. Daher komt bei unempfindsamen und geistlosen Menschen der grosse Geschmak für unwizzige Zoten, für Wein, und die körperlichen Äusserungen der Liebe. Daher ist der heftigen Kälte des Klima's ungeachtet die Neigung für die körperliche Lieb' in Siberien so äusserst gros; und gewis nur darum, weil die Männer und die Weiber in Siberien aus Trägheit und aus gänzlichem Mangel des Weins Wizzes gemeinschaftlich so tief in die Langweil' einsinken, daß ihnen keine andre Hülfe übrig bleibt, als die kleinen Vergnügungen, die sich in Griechenland die Zyniker auf den Strassen machten. –

 

[Ib-14-1781-0060]
Um geschwind und stark bewegt zu sein, eilt der in sich selbst kein Vergnügen findende Mensch in die Welt. Von Geselschaft zu Geselschaft, von Spieltisch zu Spieltisch, von einem Balle zum andern und von einem Kanape auf das andre geschleudert, findet er one grosses Nachdenken sein Glük. Iedes neue Kopfzeug und iedes neue Gesicht bringt einen Gek in Bewegung; und wenn der Abend komt, vergist er in den Armen einer bulerischen Dirne die Dame, vor der er

 

[Manuskriptseite 30]

zwei Stunden früher auf den Knien lag. Solche Schwindelgeister schwärmen entweder Tag für Tag und Iar für Iar ihr Leben in einem beständigen Wirbel von leren Besuchen durch; oder sie zappeln von Gedanken zu Gedanken, von Projekt zu Projekt, immer unentschlossen, immer bereit etwas zu unternemen, um's morgen zu verfluchen. – Andre taugen taugen nicht einmal zum Müssiggange. Sie verschwenden ihre Zeit, ohne dieselbe auch nur nach der Armut ihres Geistes zu geniessen; sie sind allenthalben übel, auch sogar bei Tische; allenthalben ist ihnen der Atem schwer und der Kopf dik; allenthalben haben sie Langweile, und allenthalben machen sie Langweile. Sie scheinen beschäftigt, und verrichten nichts; sie laufen immer, und bleiben immer auf demselben Flek. Sie bedauern die Kürze ihrer Lebenstage, und erschrekken bei dem blossen Anblik eines Buchs, oder einer pflichmässigen Arbeit. Sie sehen ihre Geschäfte sich häufen, iammern und seufzen über ihre Menge, und vergessen, daß sie nur die Arbeit vermindert. Sie sehen mit Entsezzen ihre Iar' ablaufen, und denken ieden Morgen wie sie doch mit diesem langen Tage fertig werden wolten. Im Sommer wünschen sie den Winter, im Winter den Sommer, am Morgen den Abend, am Mor Abend den Morgen; und hassen ihn sobald er komt. Solche Elende wissen nur darum nicht weder mit sich selbst noch mit andern umzugehen, weil sie die Sele nicht im Kopf, sondern im Magen; ihr ganzes Leben ist eine lange Unverdaulichkeit.

 

[Ib-14-1781-0061]
Andre werfen sich in die Welt hinein, damit sie die Erinnerung eines Verlustes, oder die Furcht eines bevorstehenden Unglüks von sich entfernen. Die auch so ser ge

 

[Manuskriptseite 31]

wünschte Einsamkeit ist für den Unglüklichen nicht tröstlich, dem alle Freuden seines Lebens im Grabe liegen; der die geliebte Todesgestalt umfasset so oft er allein ist; der alles Glük auf Erden hingäbe, um mit ihr in einer armen Hütte zu leben; der alle Kraft seiner Sele verschwunden sieht, keine andre Empfindung kent und erwartet als Schmerz, und im Umgang mit sich selbst keinen andern Gedanken als Verzweiflung.

 

[Ib-14-1781-0062]
Wir fülen einen angebornen Trieb mit unsers gleichen zu leben. Dieser Trieb wird durch den Ekel vor uns selbst verstärkt, und durch die Leichtigkeit vermert, uns selbst in der Welt zu vergessen. Wir suchen darum die Vergnügungen, die uns am geschwindesten diesem Stande der Unwirksamkeit entreissen, wir wirbeln in der Welt herum, und g vergessen in derselben unsre Bestimmung. Wir hassen oder fürchten den Umgang mit uns selbst.

 

[Ib-14-1781-0063]
Weit heftiger, als der Trieb zum geselschaftlichen Leben, ist iedoch der Trieb zur Einsamkeit; aber er ist nicht so gemein, und bezieht sich schon schon auf einen über die Altäglichkeit hinwegstrebenden Schwung der Sele.

 

[Ib-14-1781-0064]
In seine ersten Begriffe aufgelöset scheint der Trieb zur Einsamkeit allemal der Trieb zu einer Art von Ruhe. Durch Ruhe versteh' ich die Entfernung einer Beschwerde, die uns zur Last wird; die in der Einsamkeit gesuchte Ruh' ist eine Entfernung von allem, was unsre inwendige Zufriedenheit stören kan, oder uns von unserm angenemsten Denken abhält. Wie wol mus es einem Man von Geschäften sein, wenn der dürre Teil seiner Verrichtungen abgetan ist, und er iezt in der Einsamkeit seines Zimmers Arbeiten

 

[Manuskriptseite 32]

vor sich sieht, bei denen er denken und empfinden kan! Ruhe und Vergnügen läst sich zwar auch bei ieder einsamen Arbeit empfinden, wenn der Kopf so dürre ist als die Arbeit.

 

[Ib-14-1781-0065]
Nicht leicht können wir aufhören zu denken, aber wir wechseln gerne mit unserm Gedanken ab. Diese Abwechslung ist ein wares Bedürfnis des Menschen. Sie wird bei allen Arten von Geschäften, sie wird noch mer bei unsern Vergnügungen erfordert. Das Angeneme hört immer durch den alzulangen Genus auf angenem zu sein; bei iedem Gegestand' unsrer Leidenschaften wird zulezt der Kopf stumpf. Liegt der Gegenstand unsrer Leidenschaft in der Einsamkeit, so suchen wir bei der Zerstreuung der Welt die Ruh' in einer neuen Reihe von Veränderungen Gedanken; haben wir all' unsre Verrichtungen in der Welt, so finden wir diese Ruh' in der Einsamkeit. – Der Trieb nach Ruh' ist um soviel stärker, weil er mitten in dem Weltgetümmel wächst, und weil auch bei der grösten Wirksamkeit der Sele Ruhe doch immer zulezt das wünschenswürdigste Glük scheint. Pyrrhus wust' ein besseres Ende seiner Kriege nicht auszudenken; und Friedrich schien die Ruh' in dem Laufe seiner grösten Taten für den glüklichsten Zustand eines Monarchen zu halten, da er aller seiner Lorbern ungeachtet sich der rürenden Worte bediente, wan werden meine Plagen enden.

 

[Ib-14-1781-0066]
Ein Mietling, der unter seinem Schweiss' erliegt, und ein Minister der die Menschen nur glüklich machen möchte, fülen dieselbe Sensucht nach dem Ende des langen Tages, dieselbe Begierde nach Ruhe, um von da wie Schiffer

 

[Manuskriptseite 33]

vom sichern Strand' über Wellen und Stürm' hinwegzusehen. Diese Sensucht nach Ruh' ist weiter nichts als die Begierde verdrüsliche Ideen mit angenemen zu verwechseln.

 

[Ib-14-1781-0067]
Könige werden des Trones, Grosse ihrer Eren, Reiche ihres Überflusses, und der Adel seines Hochmuts müde; sie entziehen sich almälig dem eitlen Gelerm und dem Puppenspiele der Welt, und legen ihr Haupt in der Einsamkeit wieder.

 

[Ib-14-1781-0068]
Ein Mensch der im Unglük lebt, ein Philosoph, ein Christ, ein Schwärmer, ein Menschenfeind, suchen alle, iedoch nicht aus eben denselben Beweggründen, die Einsamkeit. Der Trieb zu derselben entsteht auch aus andern mannichfaltigen Ursachen, und mit ganz verschiednem Zwekke; aus Liebe zur Mode, aus Ersucht, aus Heuchelei, aus gut oder übel verstandnen Religionsbegriffen; und ser oft aus dem Unterleibe.

 

[Ib-14-1781-0069]
Unglükliche und Bedrängte gehen in die stille Einsamkeit, weil uns die Welt nur so lange reizend vorkömt, als es darin nach unserm Willen geht; und weil schwarze Dunkelheit Himmel und Erde für uns zu umhüllen scheint, sobald uns unsre Lag' in der Welt misfält. Das unendliche Ungemach, welches die ersten Christen von ihren Verfolgern auszustehen hatten, war nicht die geringste Ursach' ihrer Abgeschiedenheit. Tief melancholischer Menschen herschende Begierde, ist, allein zu sein.

 

[Ib-14-1781-0070]
Wer unabhängig von allen Vorurteilen und Meinungen der Menschen, die unerbitliche Vernunft zur einzigen Richtschnur seiner Denkungsart wält, und ihren Aussprüchen lieber folgt als den Aussprüchen der gedankenlosen Menge,

 

[Manuskriptseite 34]

verliert alle Achtung bei dieser Menge. Die abstechende Verschiedenheit seiner Denkungsart, und die Kraft der Sele, mit welcher er dieselbe in Handlungen durchsezt, scheint dem grossen Haufen der Menschen auf schlechte und verwerfliche Grundsäzze gebaut, weil diese Grundsäzze nicht die ihrigen sind. Ein denkender Mensch wil freilich auf ihren Wegen nicht gehen; und diesen Eigensin begreift man nicht, weil man nicht einsieht, daß ein Man von Verstand nict handeln kan wie ein Tor. Ieder schlechte Kopf hasset darum ieden Man von Verstand, weil bei diesem die Warheit mer als alles gilt, die iener fürchtet; weil dieser der Tirannei der Vorurteile trozt, die des Dumkopfs einzige Weisheit sind. Kein Dumkopf kan einen Man von Verstand gelinder beurteilen, als die Abderiten den Demokrit.

 

[Ib-14-1781-0071]
Nichts giet iedem Menschen eine so unwiderstehlige Abneigung gegen andre Menschen, als die ganze Unänlichkeit der Begriff' und Gesinnungen. Wie könten Leute, die ihre vernunfterwürgende Vorurteil' und Irtümer für die einzige und höchste Weisheit halten; die in keiner felerhaften Neigung und in keinem Laster wollen widersprochen sein; die von dem Geschmakk' an Wissenschaften und Künsten ebensoviel Begriff' haben als von Got und Ewigkeit; wie könten solche Leut' einen Menschen vertragen, der ihnen so geradezu entgegendenkt und empfindet? Darum treten sie ihn allenthalben auf den Kopf. Seine besten Handlungen werden darum verläumdet; alles Gute wird ihm abgeläugnet; seine Reden hält man für Unsin, und seine furchtfreie Denkungsart für pöbelhaft.

 

[Manuskriptseite 35]

Aber der Verdrus, dem bei solchen Schiksalen kein Freund der Warheit und der Tugend entgehen kan, störet die Heiterkeit seiner Sele nur so lange, als er die Ketten nicht zerrissen hat, die ihn an solche Leute fesseln.

 

[Ib-14-1781-0072]
Plutarch sagt, die Hofschranken des iüngern Dionys haben den Dion gehasset, beneidet und verfolgt, weil er nicht oft genug in ihre Geselschaften gekommen, und weil er an ihren Reden und Beschreibungen Belustigungen keinen Geschmak gefunden. Darum gaben sie seinen Tugenden die warscheinlichsten Farben des Lasters. Darum schwärzten sie ihn bei dem Dionys an. Darum hiessen sie sein ernsthaftes Wesen Stolz, und die sanfte Freimütigkeit seiner Reden Übermut und Hartnäkkigkeit. Darum sagten sie, wenn er einen guten Rat geben wolte, er mache Satyren; und wenn er an ihren Ausschweifungen nicht Teil nam, er verachte sie. So unaufhaltsam wüten all' eingeschränkte Köpfe gegen Vernunft, Wissenschaft, und Tugend, daß man alles, was war, gut, und schön ist, verläugnen; nach iedes Narren Pfeife tanzen; keine Niederträchtigkeit scheuen; oder all' eingeschränkte Köpfe fliehen mus. Denken ist, nach dem Aristip, nichts anders als sich den unversönlichsten Has unwissender, blödsinniger, abergläubischer, und verdorbener Menschen auf den Hals ziehen. Auch sagten die Epheser ser gut, wenn einer unter uns geschikt ist, so zieh' er aus, und sei's anders wo.

 

[Ib-14-1781-0073]
Tausendmal hat man wargenommen, daß ein Prophet in seinem Vaterland' immer entweder miskent sei, oder verfolgt werde. Mir däucht ich möcht' in keinem Land in der Welt ein Prophet sein. Allenthalben ist ieder er

 

[Manuskriptseite 36]

träglich gute Kopf für all' einsichtlose Köpf' ein Gegenstand des algemeinen Hasses, sobald er anders denkt als sie. – Ieder emportsrebende und gefülvol nach Wissenschaft dürstende Geist hat in allen Zeiten die Einsamkeit gesucht und gepriesen; denn nur ein solcher Geist ist fähig, seine Sele den Reizungen der Sinne zu entziehen, und mit seinen Gedanken über die dumme Altäglichkeit hinwegzuschreiten. Der vortrefliche Iohnson sagt, daß sich kaum ein Schriftsteller finde, der die Vorteil' eines einsamen Aufenthaltes nicht anpreise, der sich und seine Leser mit den Melodien der Vögel, mit dem sanften Wehen der Gebüsche, und der einnemenden Musik kleiner Wasserbäche nicht unterhalte; daß kein Geist iemals gewesen sei, der durch den weiten Umfang seiner Fähigkeiten oder die Grösse seiner Taten erhaben war, von dem wir nicht einige Denkmäler einsamer Weisheit und stiller Würde besizzen.

 

[Ib-14-1781-0074]
Die entzükkende Begierde den Beifal und die Freundschaft des aufgeklärten und besten Teils der Menschen zu verdienen, reist ieden Feuerkopf in die Einsamkeit. Unter der Marter des erbärmlichsten Auefnthaltes wächst diese Sensucht, und besucht ihn bei dem Getümmel des Tages, wie bei der stillen Mitternacht; sie geleitet ihn auf allen seinen Wegen, und entflamt zu ieder schweren Unternemung seine Brust. Ein Iüngling lebt mit den Fähigkeiten eines Zäsars in einer Hütte; die Welt, die er als ein Feldher erschüttert und als ein Monarch zu einem Paradiese gemacht hätte,

 

[Manuskriptseite 37]

ist ein ganz verschiednes Teater für ihn; er bezwinget keine Königreiche, aber er unterwirft sich das Reich der Warheit. – –

 

[Ib-14-1781-0075]
Der Menschenfeind brütet in der Einsamkeit den Gift aus, den er mit der zufriednen Miene der Bosheit in die Welt zu speien hoft, ich hatte das Unglük einen solchen Auswurf der menschlichen Geselschaft ganz in der Nähe zu kennen. Aussaz dekte sein Gesicht, Schlangen wirbelten in seinen Haren, seine Reden waren ein beständiges Zänkeln, seine liebreichsten Blikke tödend, seine Taten Wut, er war immer die ofne Zuflucht aller Feinde der algemeinen Ruhe, der Verfechter aller Ungerechtigkeiten, der Beschüzzer aller Bösewichter, der Verfolger aller redlichen Leute, der Hasser aller Glüklichen, der Urheber aller Verläumdungen, das Archiv aller Lügen, der Vater einer Furie, der Advokat des Teufels. – Alle Menschenfeinde scheuen das Licht, weil's ihre Häslichkeit entdekt; dem Neide gleich, von dem die Karaiben sagen: er sei eine der ersten Kreaturen auf der Erde gewesen, er habe das Übel auf derselben verbreitet, und geglaubt er sei schön; aber bei'm Anblikke der Sonne hab' er sich verborgen, und nun erschein' er nur des Nachts.

 

[Ib-14-1781-0076]
Die Menschen suchen endlich auch die Einsamkeit aus Liebe zur Mode, aus Ersucht, aus Heuchelei, aus Begierde, alte Sünden abzukaufen, und neue zu begehen.

 

[Ib-14-1781-0077]
Leute von Stande werden zuweilen durch die Mod' in die Einsamkeit getrieben. Diese Mode wil in einigen Ländern, daß zu Anfange des Sommers alles was vornem ist, oder sich für vornem hält, auf das Land gehe, und daß die

 

[Manuskriptseite 38]

Vornemen alsdan ausrufen, wie ich oft die Berner auf ihren Landgütern in der Schweiz ausrufen hörte, nun sei kein Mensch mer in den Staden; denn bekantlich sind die Vornemen allein Menschen. Iohnson hat angemerkt, daß Personen von Stande gröstenteils bei diesem algemeinen Abmarsche weder Ermüdung von der Arbeit, noch Begierde nach Wissenschaft vorwenden können, weil ihre einzige Absicht sei eine Szene von Müssiggange mit der andern zu verwechseln, und in der Stille zu schlafen, nachdem sie öffentlich ihre Nächte durchgeraset haben; daß ihr gröster Vorteil von der Einsamkeit die Verwandlung des Belachenswerten in Verborgenheit sei, und eine Verminderung der Zeugen ihres törichten Lebens; dieienigen, welche ihre Tage dem Müssiggange weiden, haben nichts von waldichten Schatten und blumichten Tälern zu hoffen; die Dryaden werden sie nicht mit Weisheit begeistern, sie werden darum nicht lernen besser zu denken, zu urteilen, und zu handeln, weil sie fern von dem Gewüle der Städe sind. –

 

[Ib-14-1781-0078]
Man verläst die Welt auch aus Ersucht. Ieder Mensch wil hochgeschäzt und geert sein; und zu diesem Zwekke komt in einem Kloster oft der geringste Mensch. Die angebliche Niedrigkeit der Mönche macht sie in den Augen der meisten Menschen eben so wenig verächtlich, als sie's in ihren eignen sind. Wer reich, oder gelert, oder wizzig ist, wil daß es auch andre Menschen wissen; wer einen besondern Trieb hat, arm, demütig und from zu sein, wil ebenfals, daß es andre wissen. Ich bin ser oft in Klöstern gewesen; und ser oft fiel mir daselbst die Geschichte des Diogenes ein, der einst in seinem schmuzzigen

 

[Manuskriptseite 39]

Aufzug' über die prächtigen Fusdekken in den Zimmern des Plato's einhergieng, und dabei sagte, ich trete den Stolz des Plato's mit Füssen; ia, erwiederte Plato, aber nur durch eine andre Art von Stolz.

 

[Ib-14-1781-0079]
Zuweilen verläst man die Welt aus Heuchelei. Der mit dem Mönchsstande so oft verbundne Begrif von Heiligkeit hat vielleicht auch manchen Bösewicht bewogen seine inwendige Häslichkeit da zu verschönern, wo unter einem härenen Kleide, unter tief geschöpften Seufzern, und an die Erde gehefteten Blikken, das Laster verschwindet.

 

[Ib-14-1781-0080]
Dies waren die Ursachen des Triebes zur Einsamkeit, die in der Sele liegen. Aber auch die körperlichen Ursachen dieses Triebs sind nicht unbeträchtlich. – Die Neigung für die Einsamkeit kan bisweilen, wie unsre Tugenden, unsre Laster, unsre Fähigkeiten, unsre Religionsbegriffe, eine blosse Temperamentssache sein; oder auch eine Krankheit. Unser Körper ist gar zu oft die nächste Ursach' unsrer Denkungsart. Gröstenteils flos der schwarze Selenschwung der ägyptischen, syrischen, und mesopotamischen Einsamen aus dem Unterleibe.

 

[Ib-14-1781-0081]
Die körperlichen Ursachen der Neigung zur Einsamkeit kommen entweder von dem physischen Einflusse der äusserlichen Ding' auf den Körper, oder von seiner inwendigen Beschaffenheit. Wir denken durch unser Klima, wie durch unsre Krankheiten; anders in dem erlichen und etwas schwerfälligen Niedersachsen, anders in dem heitern und aufgewekten Languedok, und wieder anders in dem brennenden Ägpten. In den Nerven liegen die Krankheiten, die den nächsten Einflus auf die Sel' haben, und folglich auf unsere ganze Denkungsart; der Barometer dieser Denkungsart ist im Unterleibe. Wir denken und handeln immer verhältnismässig mit unsrer Dauung.

 

[Manuskriptseite 40]

Mit der Schwachheit der Nerven verbindet sich allemal eine grössere Empfindlichkeit der Sele. Die Einbildungskraft solcher Kranken wird geschwinder erregt, und ihre Leidenschaften sind grösser. Diese grössere Empfindlichkeit giebt bei iedem einzelnen Schmerz' allen schmerzhaften Gefülen Raum. Daher entsteht Unmut, Furcht, Verzweiflung, und gänzlicher Verlust aller Energie des Geistes; so lange man nicht durch den elektrischen Schlag einer herzerhöhenden Leidenschaft geroffen ist. Tief hypochondrische Menschen wünschen oft das ganze menschliche Geschlecht zu fliehen. –" Seit. 7-56.

 

[Ib-14-1781-0082]
III.

 

[Ib-14-1781-0083]
Sophiens Reise von Memel nach Sachsen. Dritter Band. Leipzig, bei I. F. Iunius. 1778.

 

[Ib-14-1781-0084]
1) Verschiedene Bemerkungen über den Menschen.

 

[Ib-14-1781-0085]
"Geben nicht unsre Sinnen uns eine unendliche Erhöhung über den Stand andrer Tiere? Wie seltsam ist also die alte, und von den Mystikern wiederholte Zumutung der gänzlichen Ertödung der Sinne. Ich solte gegen eine schöne Stimme unempfindlich sein? ich, der bis in meine Denkungsart fülen kan, daß sie rürend ist? über mich solte sie nur das wirken, was ein Ton als Lokkung und Losung über ein Tier wirkt? Ich solte nur als Narungsmittel die Bon' und die Traube verschlukken, wie der geschmaklose Vogel sein Körngen schnel verschlukt? – In der Tat, unsre Sinnen sind so, daß mir der abergläubische Abstemius eben so wenig Mensch zu sche sein scheint als der Schwelger." Seit. 31.

 

[Manuskriptseite 41]

[Ib-14-1781-0086]
"Daß zwischen unsern Überzeugungen und der Befolgung und Anwendung derselben, eine ser grosse Lükk' ist – dies ist das Kapitel meiner Philosophie, welches ich nie one grosse Betrübnis durchdenke." S. 44.

 

[Ib-14-1781-0087]
"Die Tugend ist vielleicht wie ein Pflänzgen im Blumentopfe: es mus immer eben dieselbe Seite der Sonne zukeren, sonst verdort's. (Die Abwechslung unsrer Lagen ist so oft die Ursache, daß wir nicht gut bleiben. Iede Lage fordert eine andre Art von Tugend; und in vielerlei Lagen kommen, heist der Gefar ausgesezt sein, nicht in allen tugendhaft zu sein. R.) " S. 85.

 

[Ib-14-1781-0088]
"Wie elend ist der Man, der unter seiner Würde herumkriechen kan! Warhaftig ich weis nicht, was von beiden mir das abscheulichste ist, das Herz eines solchen Gewürms oder das Gesicht? –" S. 95.

 

[Ib-14-1781-0089]
"Eine iunge Witwe ist ein Mittelding zwischen Iungfer und Frau." S. 108.

 

[Ib-14-1781-0090]
"Es gehört mer Kunst dazu, ein Kind zu befragen, als ihm zu antworten." S. 135.

 

[Ib-14-1781-0091]
"Einen änlichen Schaden tut denienigen auch ihre Bildung, die einmal zur Falschheit sich gewönt haben. Es ist nicht mer die natürliche Bildung – denn Got hat den Menschen aufrichtig gemacht; im Gesicht eines noch unschuldigen Kinds hab' ich das Kazenartige des Falschen niemals gesehen: aber nach und nach verzerren sich diese richtiggestelten Züge; der Mund nimt besonders wärend dem Reden eine gewisse Stellung, die so auffallend ist. Nämlich die Gegend zwischen ihm und den Wangen spant sich; die Lippen ziehen sich dahin, und

 

[Manuskriptseite 42]

nemen eine harte Schärf' an, schliessen sich auch näher an die Zäne, oder sie kräuseln und spizzen sich zu einem (gewönlich ser widrigen) Lächeln; der untre Teil des Gesichts bebt, und das Or wird abwechselnd rot und blas; auch nimt der Hals eine besondre Art der Spannung an; – der lebhaft sein sollenden, aber steifen Bewegung der Hände, nicht zu gedenken, oder des veränderten Sprachtons, (denn wenn alle Redlichkeit überhaupt weg ist: so hat die Sprach' an sich schon etwas unnatürliches) oder der Bewegung des Kopfs, des Ab= und Zuwendens der Brust, und der sichtbaren Verlegenheit, wenn unvermutet wir nicht antworten, oder, als täten wir's, um nach etwas zu sehen, schnel den Blik zum Fenster wenden. Mit einem Worte: Freundlichkeit on' eine gewisse Erwürd' ist untrügliche Bezeichnung des Falschen. Auch im ganzen Auge desselben findet sich etwas unstätes, welches durch iälinges Verschliessen oder Blinzeln der Augenlieder ser ungeschikt verstekt wird. Steht eine solche Gestalt vor mir: so trau ich nicht; ich trau einem Menschen, der so etwas an sich hat, auch dan nicht, wenn vielleicht sein Herz schon wieder gerade geworden ist; denn diese Mienen bleiben gewönlich lebenslang auch bei demienigen, der sein Herz schon wieder hat bessern lassen. Wozu kan also ein solches Kind einst fähig werden, zumal da auch derienige, der selbst ein Schelm ist, ihm nicht traut? Den ein Beutelschneider wird doch vom andern sich die Ur nicht ausziehen lassen?" S. 519-520.

 

[Manuskriptseite 43]

[Ib-14-1781-0092]
III.

 

[Ib-14-1781-0093]
Untersuchungen über den Menschen von Dieterich Tiedeman. Erster Teil. Leipzig, bei Weidman's Erben und Reich. 1777.

 

[Ib-14-1781-0094]
1) Widerlegung eines Einwurfs gegen das Dasein einer einzigen Grundkraft der Sele.

 

[Ib-14-1781-0095]
"Man kont' es nicht begreifen, wie on' von einander unabhängige Selenkräfte, sich der Streit zwischen Vernunft und Sinlichkeit erklären könte lassen. Allein der Streit zwischen Vernunft und Sin' ist ia an sich nichts anders, als Betrachtung einerlei Gegenstandes von entgegengesezten Seiten, als Widerspruch zwischen den algemeinen praktischen Grundsäzzen, und der entweder wirklichen oder durch die Einbildungskraft lebhaft gemachten sinlichen Empfindungen; als Streit zwischen gewissen mechanischen Trieben, oder Bewegungen der Maschine, und den vorher aus Grundsäzzen gefasten Entschlüssen. Es ist also klar, daß hier nicht in der Tat verschiedne Kräfte, sondern einerlei Kraft auf verschiedne Arten von Ideen auf verschiedne Art wirkt." S. 19-20.

 

[Ib-14-1781-0096]
2) Ob sich die Sele leidend oder tätig verhält, wenn sie eine Vorstellung empfängt.

 

[Ib-14-1781-0097]
"Weil einige gesehen haben, daß die Sele durch die Ursache der Vorstellung auf eine gewisse Art modifizirt wird, so haben sie kein Bedenken getragen, zu behaupten, die Sele verhalte sich immer leidend. Allein sie hätten so sagen müssen; die Sele verhält sich darin leidend, daß sie modifizirt wird; nicht aber, sie verhält sich leidend darin, daß sie sich etwas vostelt. Ausser der Modifikazion gehört auch das Bewustsein zur Vorstellung, und daß die Sele sich etwas bewust ist, ist kein Leiden, sondern Tätigkeit. Das

 

[Manuskriptseite 44]

lert uns das innere Gefül, wir bemerken Anspannung, Richtung der Sel' auf eine Modifikazion, wenn wir uns ihrer bewust sein wollen; wir richten, und stengen die Augen an, wenn wir etwas genau sehen, d. h. uns der Modifikazion durch das Auge recht bewust sein wollen. In grossen Ermüdungen, und kurz vor dem Schlafe schwächt sich das Bewustsein ser, und wenn wir alsdenn einen Gedanken nachhängen wollen: so fülen wir ganz deutlich, daß Anstrengung der Sel' erfordert wird, das ist, daß das Bewustsein Tätigkeit ist. Die Sele ist also leidend, indem sie modifizirt wird; tätig, indem sie sich der Modifikazion bewust wird." S. 44-45.

 

[Ib-14-1781-0098]
3) Zu unsern Empfindungen gehört Perzepzion und Apperzepzion.

 

[Ib-14-1781-0099]
"Die Entstehung einer Vorstellung läst sich leicht so erklären: ein äusserer oder innerer Gegenstand modifizirt die Sele, daraus entsteht Bewustsein, daß eine Veränderung vorgegangen ist, und daraus, durch eine neue Anstrengung der Sele, die Bemerkung der Veränderung selbst, und diese lezte ist eigentlich die Vorstellung. Das Bewustsein, daß eine Veränderung vorgegangen ist, one die Kentnis der Veränderung selbst, nent Leibniz Perzepzion, die Bemerkung der Veränderung selbst aber Apperzepzion.

 

[Ib-14-1781-0100]
Gegen diese Erklärung läst sich einwenden, daß unsre Empfindung uns nicht sagt, daß Perzepzion vor der Apperzepzion hergeht; daß wir im Gegenteil durchgehends erfaren, wir haben in demselben Augenblikke zugleich Be

 

[Manuskriptseite 45]

wustsein, daß eine Veränderung mit uns vorgegangen ist, und Bewustsein der Veränderung selbst. Meine Antwort ist einmal Räsonnement, und dan auch Erfarung. Räsonnement; denn notwendig mus man vorher wissen, daß eine Veränderung vorgegangen ist, eh' man wissen kan, welche? so lange man nicht weis, daß man modifizirt ist, kan man auch nicht wissen, wie man modifizirt wird. Erfarung, denn es giebt manche Fälle, in welchen wir nur wissen, daß eine Veränderung in uns vorgegangen ist, one zu wissen welche? Man berür' uns im tiefen Nachdenken plözlich, one daß wir's vorher wusten, es sei Iemand um uns der uns anfassen könte, und man tue dies nicht gar zu stark: so wird die Sele plözlich zusammenfaren, und wissen wie ihr geschehen ist. In iedem plözlichen Schrekken wissen wir nicht, was es eigentlich war, das uns schrekte, nur durch nachfolgende schnelle Überlegung bringen wir's heraus. Das Bemerken also, daß eine Veränderung mit uns vorgeht, ist vom Bemerken der Veränderung nicht nur wirklich unterschieden; sondern es geht auch in vielen Fällen vor ihm her. Daß wir dies aber selten gewar werden, komt von der schnellen durch Gewonheit verursachten Folge beider Operazionen her. Wir kennen schon all' Arten von Veränderungen, die in uns unter gewissen Umständen hervorgebracht werden können; wir kennen auch die Gegenstände, von denen sie hervorgebracht werden: so bald wir daher gewar werden, daß eine Veränderung in uns vorgeht, haben wir bestimte Ideen von Modifikazionen und Gegenständen vorrätig, und ersezzen durch die Unter

 

[Manuskriptseite 46]

schiebung derselben das, was durch eine genauere Bemerkung der Modifikazion selbst nur erst langsam hätt' ausgefült werden können. Könten wir in unsre Kindheit deutlich zurüksehen: so würden wir dan finden, daß, so lange noch kein Vorrat von Ideen gesamlet ist, lang' und oft wiederholte Bemerkung der Modifikazionen erfordert wird, eh sich die Sele genau mit ihnen bekant machen kan. Welche lange Zeit gehört nicht dazu, eh' ein Kind seine Mutter, oder seine Amme, die's doch täglich sieht, von andern unterscheiden lernt! Daß die durch Gewonheit verursachte Unterschiebung bekanter Ideen an die Stelle der wirklich empfundnen Eindrükke, die schnelle Folge der Apperzepzion auf die Perzepzion verursacht, kan man aus den oft daraus entstehenden Verirrungen sehen. Man hört in der Dunkelheit der Nacht einen Hund oder eine Kazze gehen, gleich denkt man, es mus ein Mensch sein; man sieht bei'm Mondenlicht einen Schatten vor sich; gleich verwandelt sich dieser in eine Gestalt, die uns gerade zuerst einfiel." S. 94-95.

 

[Ib-14-1781-0101]
4) Die Klarheit und Dunkelheit unsrer Ideen ist nur relativ.

 

[Ib-14-1781-0102]
"Vorstellungen sind Abbildungen oder Abdrükke von Gegenständen, oder von Modifikazionen. Ein Schal fält in's Or, die Sele wird modifizirt, sie weis es, daß sie modifizirt wird, und sucht sich nun diese Modifikazion bekant zu machen, das ist Vorstellung, das ist Abdruk der Modifikazion. Ein Abdruk an sich betrachtet ist weder richtig noch unrichtig, weder dunkel noch hel; aber als Abdruk dieses Originals ist er richtig oder unrichtig, dunkel oder deutlich. Eben

 

[Manuskriptseite 47]

so sind auch Vorstellungen an sich weder dunkel, noch klar, noch deutlich. Die Vorstellung eines zweifüssigen Tiers ist an sich eben so klar, als die eines zweifüssigen Tiers mit glatter Haut, und aufrechtstehendem Antlizze; als Abdruk aber desienigen Gegenstandes, den wir Mensch nennen, ist die erste dunkel, die andre klar. Die Vorstellung von einer Sache, die ich in einer grossen Entfernung sich bewegen sehe, ist an sich eben so klar, als die von dem nahe bei mir stehenden Menschen; ich kan mir eben so gut und eben so klar etwas sich bewegendes, als einen bei mir stehenden Menschen vorstellen. Wenn nun aber gefragt wird, was ist denn das sich dort bewegende? Ein Mensch? ein Tier? u. s. w. so sagt die Vorstellung nichts davon; Erfarungen aber sagen, daß es eines von beiden, oder etwas anders sein mus, und daraus ist offenbar, daß die Vorstellung ihren Gegenstand nicht genau abbildet und folglich dunkel ist." S. 131-133.

 

[Ib-14-1781-0103]
V.

 

[Ib-14-1781-0104]
Algemeine Teorie des Denkens und Empfindens. Eine Anhandlung welche den von der königlichen Akademie der Wissenschaften in Berlin auf das Iar 1776 ausgesezten Preis erhalten hat, von Iohann August Eberhard, Prediger in Charlottenburg. Berlin, bei Christian Friederich Vos. 1776.

 

[Ib-14-1781-0105]
1) Beweis, daß die Sele nur Eine Grundkraft haben kan.

 

[Ib-14-1781-0106]
"Wenn eine Grundkraft dasienige in einem Dinge sein mus, was den hinreichenden Grund aller Akzidenzen des

 

[Manuskriptseite 48]

Dinges in sich hat: so kan sie nichts anders als eine Substanz sein. Sie würde sonst, wenn sie ein Akzidens wäre, nicht für sich selbst bestehen; sondern ihre Subsistenz in einer einem andern haben, und in diesem Andern müsten auch die Akzidenzen gegründet sein; deren Grund man in Ihr gesucht, aber nicht zureichend gefunden, d. i. sie würde keine Grundkraft sein. Wenn also a eine andre Urkraft sein solte, und b eine andre, c eine andre u. s. w. so würde a.b.c. eine iede die Quelle gewisser Akzidenzen sein, one wiederum in einer andern Kraft @ gemeinschaftlich gegründet zu sein, sie müsten also Substanzen sein. Diese neben einander daseienden Kräfte wären also im eigentlichsten Verstand' aussereinander seiende Teile der Sele, sie würden daher die Sele notwendig ausgedent machen." S. 22.

 

[Ib-14-1781-0107]
2) Widerlegung eines Einwurfs, womit man das Dasein geselliger Empfindungen verdächtig zu machen sucht.

 

[Ib-14-1781-0108]
"Einige Philosophen wolten das Dasein geselliger Empfindungen deswegen leugnen, weil sie bemerkten, daß wir bei der Befriedigung dieser Triebe doch uns selbst zur Absicht hätten, weil wir unser Vergnügen dabei suchten. Dieses läst sich ganz natürlich aus der Natur der Empfindungen erklären. So ser wir unser mittelbares Vergnügen, in der Überlegung, von dem unmittelbaren Vergnügen ausser uns unterscheiden: so ser wird beides, in der Empfindung, in einander geschmolzen, daß es sich nicht unterscheiden läst. Diese

 

[Manuskriptseite 49]

psychologische Täuschung ist unvermeidlich. Wenn ich in dem Zustande des deutlichen Denkens die Gegenstände selbst deutlich sehe, und ihre Teile wol von einander unterscheide: so mus sich diese Deutlichkeit auch auf mich, das denkende Subiekt, erstrekken. Ich mus auch mich, das Denkende, von den Gegenständen, als dem Gedachten, unterscheiden. Das ist genug. Indem ich beides, mich, das Subiekt, und die Gegenstände der Gedanken, die mich beschäftigen, verschieden denke: so stelt sie sich meine Sel' als ausser sich vor. Das mus nun der Natur nach in dem Zustande des Empfindens wol anders sein. Da hier die Meng' und Stärke der Vorstellungen, die sich in einer Empfindung zusammen drängen, und in einen Brenpunkt versamlen, nicht die Zeit und Freiheit des Zerlegens und des Unterscheidens lassen, so kan ich auch mich selbst von den Vorstellungen, als subiectum inhaesionis, nicht unterscheiden. Dies wende man auf die geselligen Empfindungen an. Ie grösser also die Lebhaftigkeit der geselligen oder moralischen Empfindungen ist, desto genauer ist die Verwechselung unsrer selbst mit den Gegenständen. Die Verschmelzung unseres eignen Vergnügens mit dem ausser uns an andern zu wirkenden Vergnügen, weit entfernt der menschlichen Natur zum Vorwurf zu gereichen, ist ihr die gröste Ere. Der gröste Grad der Innigkeit dieser Vermischung beweiset nichts als den grösten Grad der Lebhaftigkeit der der Empfindung fremdes Wols. Heil dieser götlichen Begeisterung! Heil iedem Herzen, das ihr fähig ist. – –" Seit. 45-49.

 

[Manuskriptseite 50]

[Ib-14-1781-0109]
3) Wie die Gewonheit wirkt.

 

[Ib-14-1781-0110]
"Unsre Sele würde durch wiederholte Handlungen nicht mit einer geringern Aufmerksamkeit zu gewissen Verrichtungen geschikt sein; sie würde sich nicht unvermerkt zu der Art von Gegenständen, der sie gewont ist, neigen; der Körper würde nicht durch Übung, die Fertigkeit erlangen, so zu sagen für sich selbst gewisse Verrichtungen vorzunemen; wenn die Vorstellungen, womit die Sele vormals wissentlich solche Übungen begleitete, seitdem sie unmerkbar geworden, vertilgt wären. Aber eben durch die Wiederholung derselben, hat die Sele zu einer gegebnen Handlung das an Menge der Vorstellungen genommen, was bei der Fertigkeit derselben an Licht abgeht; und dieser Tausch ist gerade dem Begeren der Sel' und dem Bewegen des Körpers so vorteilhaft. Diese grössere Menge von Vorstellungen häuft sich aber dadurch, daß durch die Wiederholung einer Hauptvorstellung, da weder der Anblik der Welt nicht einen Augenblik der nämliche bleibt, noch der Zustand der Sel' einen Augenblik on' Umwandlung dauret, diese Vorstellung mit immer merern in Verbidnung gesezt wird, die denn nach dem Gesezze der Einbildung sich unter einander wekken, und auf diese Art zu einem Zwekke sich verstärken. Eben so läst sich von den Gedanken des Aristot's Grund angeben, daß wir durch öfters verrichten derselben Handlung sie immer besser verrichten lernen. Indem wir nach und nach nicht mer nötig haben auf einige Teile

 

[Manuskriptseite 51]

derselben so viel Aufmerksamkeit zu wenden, so können wir diesen Teil, der übrig bleibt, auf neue Teile des Werks richten, die wir noch nicht bemerkt, durch deren Bemerkung aber dasselbe einen neuen Grad der Volkommenheit erhält." S. 64-65.

 

[Ib-14-1781-0111]
4) Woher die Einschränkung der Sel' entsteht.

 

[Ib-14-1781-0112]
"Aus der einfachen un deingeschränkten Kraft der Sele folgt, daß, wie die Sel' in ihren Operazionen gehindert wird, sie's selbst ist, die sich hindert. Einige Materialisten haben aus der Bemerkung, daß die Sele durch die Ermüdung, die Krankheit, die Schmerzen des Körpers zum scharfen Nachdenken ungeschikt sei werde, schliessen wollen, daß die Sele durch die Ermüdung, die Krankheit sie also mit dem Leibe aus einerlei Stof, oder gar nicht unterschieden sei, und also auch im Tode gleiches Schiksal mit ihm haben werde. Dieser Einwurf gegen das einfache Wesen der Sele wird durch den angefürten Lersaz ganz unkräftig gemacht. Denn wenn sie's selbst ist, die im vorliegenden Falle sich hindert; so kan man im genauesten Verstande nicht sagen, daß sie von dem Körper leide, daß sie von dem Körper zum Denken ungeschikt gemacht werde: sondern diese Erfarung reicht nicht weiter als darzutun, daß sie bei einem gewissen Zustande des Körpers zum Denken nicht tüchtig sei. Dies kan man genau nicht Leiden nennen. An sich ist's nichts anders, als die Empfindung des Schmerzes, die der Sele nicht zuläst, daß die Kraft, die sie auf diese Empfindung erschöpft hat, nun könne zum Nachdenken angewand werden. Das ist aber bei

 

[Manuskriptseite 52]

den angenemen Empfindungen wie bei den unangenemen. Wer noch ser im tiefsinnigen Nachdenken geübt ist, würde doch in einer Geselschaft, unter Musik, Tanz pp. und wenn sein Gemüt noch dazu von innen, von einer starken Leidenschaft, z. B. der Liebe beunruhigt wäre, mit der Auflösung eines schweren Problems schlecht zu recht kommen. Man eine unangeneme Empfindung, so wird sie die Sele eben so wenig zum Denken geschikt sein lassen; aber das wird nicht der Körper sein, der das über sie vermag, sie ist's selber; der Körper ist nur die harmonierende Ursache. – –" S. 68-70.

 

[Ib-14-1781-0113]
5) Vom Empfinden – Verhältnis des Denkens und Empfindens.

 

[Ib-14-1781-0114]
"Dieses Gesez ist: bei einem eingeschränkten Wesen wird in eben dem Verhältnis, worin das Mannigfaltige, die Wärm' und Stärke, in einer Totalvorstellung zunimt, die Intensität der Einheit oder die Deutlichkeit abnemen, und umgekert, oder die Intensität der Einheit ist in ratione inversa der Mannigfaltigkeit und umgekert. – Wir bemerken zuförderst, daß wo die Menge der Parzialvorstellungen die Kraft einer gegebnen Sel' allein erschöpft, wir auf keinen Teil derselben besonders merken können. Dieser Zustand ist der Sele gewissermassen angenem, aber er kan's nicht lange bleiben, Er ist ihr angenem sofern sie dabei ihre Tätigkeit fült, allein er kan auch nicht on' eine gewisse Anstrengung sein; und diese beide Empfindungen ihrer Tätigkeit und Anstrengung, oder welches einerlei ist, ihrer Realitäten,

 

[Manuskriptseite 53]

und Einschränkungen, schmelzen zwar in Eine vermischet Empfindung zusammen, werden aber auch diese Hauptempfindung angenem oder unangenem machen, ie nachdem die Empfindung der Tätigkeit oder der Anstrengung überwiegend ist. Der Zustand des Erstaunens und des Schauderns kan mithin nicht lange dauren, one daß die Sele darunter * erliege; sie sucht sich Licht zu verschaffen, indem sie einen Teil aus dem ganzen Eindruk hervorzuziehen sucht. Dadurch werden nun die übrigen Teile verhältnismässig verdunkelt. Bei dem zurükbleibenden kleinern Teile wird die nämliche Proporzion des Mannigfaltigen und der Einheit, der Wärm' und des Lichts, der Stärk' und der Deutlichkeit bemerkt werden können. Diese Vereinigung der geringern Perzepzionen geschieht nur durch die Vorstellung, indem nämlich die Sele sich die ihre Änlichkeiten {Übereinstimmung} klärer vorstelt, ih als ihre Verschiedenheiten. –" S. 78-79.

 

[Manuskriptseite 54]

[Ib-14-1781-0115]
Bemerkungen, auffallende Audrükke pp. Aus verschiednen Schriftstellern gesamlet.

 

[Ib-14-1781-0116]
Nous avons la resolution de faire des folies, mais nous n'avons pas celle de les avouer.

 

[Ib-14-1781-0117]
]einzelne Einträge dieser Rubrik durch Kreuzchen voneinander abgesetzt. Seite 54, 55 und 56 scannen

Quand le sujet porte l'auteur, il voque à pleines voiles; mais quand l'auteur porte le sujet, quand il accablé du poids de la difficulté, et refroidi par le défaut d'interêt, qu'il ne peut se dissimuler à soi-même, alors tous ses efforts sont inutiles.

 

[Ib-14-1781-0118]
Es scheint, als wenn der Geist bei mancher Frau den Körper wieder veriünge. Man mus in ihr das lieben, was sie gewesen war; und welches unerachtet ihres Abnemens noch immer hervorleuchtet. Die auf ihrem Gesichte verbreitete Züge der Zeit sind wie die Schatten eines Gemäldes, die einen Teil verdunkeln, um den andern in ein desto vorteilhafteres Licht zu sezzen. Ihr Alter ist der Abend eines schönen Tages, der seine Heiterkeit bis in die folgende Nacht verbreitet; immer blikt noch ein Sonnenstral der lebhaften Iugend durch.

 

[Ib-14-1781-0119]
Reize schwimmen um die Erinnerung der genossenen Vergnügungen, holde Reize, die uns den Vorschmak derer, die weiter auf uns warten, zu kosten geben.

 

[Manuskriptseite 55]

[Ib-14-1781-0120]
Die Zwischenzeit zwischen unserm wachenden Zustand, der Schlaf, macht, daß ein Glük niemals den Reiz der Neuheit verliert.

 

[Ib-14-1781-0121]
Komischs Lob des Schlafs, von Sancho.

 

[Ib-14-1781-0122]
Gesegnet sei der Man, der den Schlaf erfunden hat. Der Schlaf ist ein Mantel, der alle Grillen bedekt, eine Speise, für den, der hungert, ein Trunk für den, der Durst leidet, ein Feuer, das die Kälte vertreibt, eine Kälte, die die Hizze mässigt, eine Wagschale, die den Schäfer dem König, und den Dumkopf dem Klugen gleich macht, kurz, eine algemeine Münze, für die man alle Dinge kaufen kan.

 

[Ib-14-1781-0123]
Es tut ser weh, ein weiches Herz
an ein verhärtet Herz zu drükken!
ein weinend Auge kan nicht one Schmerz
ein tränenloses Aug' anblikken! –

Iohnson sagt, daß alle Eigenschaften der Assemblee in einer Bowl Punsch begriffen sind. Der Punsch ist ein Getränk, welches aus einem Spiritus, aus scharfen säuerlichen Säften, aus Zukker und Wasser besteht. Der Spiritus, welcher leicht verraucht, und welcher brent, ist das ware Bild der Lebhaftigkeit und des Wizzes. Die Schärfe des Zitronensafts ist dem Beissenden des Tadels änlich. Der

 

[Manuskriptseite 56]

Zukker ist das Bild der Schmeichelei und des Nachgebens. Das Wasser gleicht dem geschmaklosen Geschwäzze.

 

[Ib-14-1781-0124]
Ein launichter Schriftsteller tut beinahe besser, wenn er kleine Feler angreift, als wenn er grosse Laster bekriegt. Die Menschen begehen stündlich solche kleine Feler, on' es gewar zu werden. Es ist also fast notwendiger, daß man sie vor diesen warne, als vor grossen Laster, welche selten begangen und meistens von den Gesezzen verhindert werden.

 

[Ib-14-1781-0125]
All' unsre Ideen machen nur Eine ungeheure grosse zusammengesezte Vorstellung.

 

[Ib-14-1781-0126]
Bako sagt: die Endursachen sind zwar so from wie die Nonnen, allein sie sind auch so unfruchtbar.

 

[Ib-14-1781-0127]
Bei einem Traum, nent der eintrift, erinnern wir uns nicht daran, daß dafür wieder tausend nicht eingetroffen sind.

 

[Ib-14-1781-0128]
Luzian sagt: Die Ursache, warum Amor's Pfeile * nichts bei ihm vermöchten, sei, weil Minerva ihn mit ihrem Schilde bedekte.

 

[Manuskriptseite 57]

[Ib-14-1781-0129]
Verzeichnis der Schriften.

 

[Ib-14-1781-0130]
I. La nouvelle Heloïse, publiée par I. I. Rousseau. Tome II. Seit. 1.

 

[Ib-14-1781-0131]
II. I. G. Zimmerman von der Einsamkeit. 23.

 

[Ib-14-1781-0132]
III. Sophiens Reise von Memel nach Sachsen. Dritter Band. 40.

 

[Ib-14-1781-0133]
IIII. Untersuchungen über den Menschen von Dietrich Tiedeman. Erster Teil. 43.

 

[Ib-14-1781-0134]
V. Algemeine Teorie des Denkens und Empfindens, von I. August Eberhard. 47.

 

[Manuskriptseite 58]

[Ib-14-1781-0135]
Verzeichnis der Sachen.

 

[Ib-14-1781-0136]
1) Die Liebenswürdigkeit der Iulie – – – – S. 1.

 

[Ib-14-1781-0137]
2) Rousseaus Beredsamkeit – – – – – 1.

 

[Ib-14-1781-0138]
3) Die grosse Welt, wie sie z. B. in Paris beschaffen ist – – – – – – – – 3.

 

[Ib-14-1781-0139]
4) Es ist schwer, die freie Welt recht kennen zu lernen – – – – – – 10.

 

[Ib-14-1781-0140]
5) Beschaffenheit der feinern Geselschaften in Paris – 11.

 

[Ib-14-1781-0141]
6) Von Lob und Tadel – – – – 18.

 

[Ib-14-1781-0142]
7) Kleinere Bemerkungen – – – – 19.

 

[Ib-14-1781-0143]
8) Klagen von einem unglüklich Liebenden – – 20.

 

[Ib-14-1781-0144]
9) Hochmut und Geiz sind oft miteinander vereint – – – – – 20.

 

[Ib-14-1781-0145]
10) Eine angeneme Ordnung – – – 21.

 

[Ib-14-1781-0146]
11) Von der Liebe – und eine Bemerkung vom Nuzzen des langen Lebens – – – 22.

 

[Ib-14-1781-0147]
12) Von der Einsamkeit – – – 23.

 

[Ib-14-1781-0148]
13) Verschiedne Bemerkungen über den Menschen 40.

 

[Ib-14-1781-0149]
14) Widerlegung eines Einwurfs gegen das Dasein einer einzigen Grundkraft der Sele – – – 43.

 

[Ib-14-1781-0150]
15) Ob sich die Sele leidend oder tätig verhält, wenn sie eine Vorstellung empfängt – – – – 43.

 

[Manuskriptseite 59]

[Ib-14-1781-0151]
16) Ob Perzepzion und Apperzepzion von einander unzertrenlich sind – – – – – S. 44.

 

[Ib-14-1781-0152]
17) Die Klarheit und Dunkelheit unsrer Ideen ist nur relativ – – – – – – – – 46.

 

[Ib-14-1781-0153]
18) Beweis, daß die Sele nur Eine Grundkraft haben kan – – – – – – 47.

 

[Ib-14-1781-0154]
19) Widerlegung eines Einwurfs, womit man das Dasein geselliger Empfindungen verdächtig zu machen sucht – – – – – 48.

 

[Ib-14-1781-0155]
20) Wie Gewonheit wirkt – – – – – – 50.

 

[Ib-14-1781-0156]
21) Woher's komt, daß die Sele zu einer Zeit schlechter denkt als zur andern – – – – – 51.

 

[Ib-14-1781-0157]
22) Verhältnis des Denkens zum Empfinden – – 52.

 

[Ib-14-1781-0158]
Bemerkungen, auffallende Ausdrükke pp.

 

[Ib-14-1781-0159]
I. Vom Bekentnis unsrer Torheiten – – – S. 54.

 

[Ib-14-1781-0160]
II. Vom Süjet, das ein Schriftsteller zu wälen hat – 54.

 

[Ib-14-1781-0161]
III. Die angeneme Alte – – – – 54.

 

[Ib-14-1781-0162]
IIII. Erinnerung giebt Hofnung – – – – – 54.

 

[Ib-14-1781-0163]
V. Ein Nuzzen des Schlafs – – – – 55

 

[Ib-14-1781-0164]
VI. Sancho's Lob des Schlafs – – – – – 55

 

[Ib-14-1781-0165]
VII. Bei'm Unempfindlichen ist hart, empfindlich zu sein – 55

 

[Ib-14-1781-0166]
VIII. Die Assemblee gleicht einer Bowl Punsch – – 55

 

[Manuskriptseite 60]

[Ib-14-1781-0167]
VIIII. Kleine Feler sol die Satyr' angreifen – – S. 56.

 

[Ib-14-1781-0168]
X. Unser ganzes Ideensystem – – – – – 56.

 

[Ib-14-1781-0169]
XI. Die Endursachen – – – – – 56.

 

[Ib-14-1781-0170]
XII. Von den Träumen, die eintreffen – – – – 56.

 

[Ib-14-1781-0171]
XIII. Der Gelerte ist vor der Liebe sicher – – – – 56.